La cour d'assises du Nord a commencé à juger lundi deux jeunes marginaux accusés d'avoir battu à mort un sexagénaire dans un parc fréquenté par des homosexuels en janvier 2008 à Cambrai, quelques heures après avoir agressé deux autres homosexuels au même endroit.
Kévin Boucher, 20 ans, et Cédric Thomasse, 28 ans, comparaissent devant la cour d'assises du Nord (photo) pour violences volontaires ayant entraîné la mort et vol en réunion, pour la victime décédée. Ils sont aussi jugés pour violences volontaires en réunion et en raison de l'orientation sexuelle des victimes pour la première agression.
Les deux hommes sont accusés d'avoir, le 19 janvier 2008, tué à coups de pied et de poings un sexagénaire dont le corps avait été retrouvé le lendemain matin dans un parc de Cambrai, connu pour être un lieu de rencontres homosexuelles.
Ils avaient été mis en examen pour homicide volontaire en raison de l'orientation sexuelle de la victime, mais les faits ont été requalifiés et le caractère homophobe du crime a été abandonné au profit de la thèse crapuleuse.
Le président de la cour a cependant toute liberté pour requalifier avant la fin des débats, selon le parquet.
Issus de milieux modestes, sans qualification ni profession, les coaccusés, qui se sont rencontrés dans un foyer d'hébergement, ont reconnu les agressions mais nié avoir agi par haine des homosexuels.
"Je n'ai rien contre eux", a déclaré à l'audience Cédric Thomasse, père de trois enfants, accusé par l'une des victimes de l'avoir frappée après lui avoir demandée: "Tu es pédé?".
La cour s'est essentiellement intéressée à la personnalité de Kévin Boucher, qui a révélé avoir subi, enfant, des violences sexuelles, et surtout avoué une relation sexuelle avec l'une des victimes.
"J'ai eu peur qu'il dise quelque chose. J'ai eu peur que Cédric sache que j'avais eu une relation sexuelle" avec un homme, a-t-il expliqué pour justifier ses violences.
"La question n'est pas de savoir si un auteur (de délit ou de crime) est homophobe mais de savoir s'il a commis un acte homophobe", a lancé Me Jean-Bernard Geoffroy au nom du Collectif contre l'homophobie, évoquant une possible "haine de soi" et un rejet de sa sexualité chez Kévin Boucher.
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