Elle accuse devant les psychiatres le Dr Schaar de s'être livré à des mariages blancs, d'avoir conservé sa qualité de médecin de famille « avec la confusion possible, notent les médecins, lorsque les certificats de maladie permettaient de facto à Mme Lhermitte de s'occuper de l'ensemble du ménage ».
Geneviève Lhermitte dit avoir eu depuis des années des pulsions suicidaires : « En cas de tension avec son mari, relèvent les psychiatres, elle s'en prenait à elle-même en se frappant la tête contre le mur ou, une fois, en tapant son poing dans une vitre. Elle éprouvait de la difficulté à pouvoir s'affirmer et faire valoir ses points de vue ou ses désirs. »
Geneviève Lhermitte dit « en vouloir beaucoup à son mari pour ne pas avoir cherché la solution de cette situation fausse et d'avoir accepté de vivre aux crochets du Dr Schaar » . Elle minimise les coups que lui aurait portés son mari, un homme qu'elle qualifie « d'homosexuel refoulé qui se serait en quelque sorte acheté une vie de famille et des enfants. »
Selon les psychiatres, « Madame Lhermitte se sentait prise dans un étau. Tout cela l'a menée dans une situation d'impasse croissante. Progressivement les idées suicidaires se sont développées mais toujours repoussées car elle ne pouvait envisager de laisser ses enfants abandonnés avec le sentiment que personne ne pourrait s'en occuper. Mme Lhermitte a connu cinq grossesses et une fausse couche entre le 3e et le 4e enfant. Dans les semaines qui suivent, elle abandonne ses projets de grossesse en raison de son état d'épuisement et d'angoisse. »
L'avocate de Bouchaïb Moqadem, Me Fernande Motte-de Raedt, s'est refusée à commenter ce rapport. « Nous avons demandé des devoirs complémentaires. Ils sont en cours d'exécution », nous a-t-elle déclaré, tout en refusant d'en préciser la nature. Me Xavier Magnée, l'un des avocats de Geneviève Lhermitte, estime, lui, que ce rapport psychiatrique « ouvre la porte à de larges circonstances atténuantes devant les assises. Il exprime que quelqu'un de normal placé dans des conditions identiques risque de se comporter de la même manière ». À l'appui de la défense de sa cliente, Me Magnée cite aussi études et livres : Le burn-out maternel ou encore La fatigue émotionnelle de la mère.
Le Dr Schaar s'est déclaré « excédé » par les déclarations de Geneviève Lhermitte.