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Orelsan retiré des bibliothèques parisiennes : une censure selon la Ligue des droits de l'Homme

Orelsan retiré des bibliothèques parisiennes : une censure selon la Ligue des droits de l'Homme


La Ligue des droits de l'Homme a demandé à l'adjoint PS au maire de Paris chargé de la Culture, Christophe Girard, de revenir sur sa décision de retirer des bibliothèques municipales l'album du rappeur homophobe Orelsan, en y voyant une "censure".
Un débat autour de la liberté d'expression s'installe après la déprogrammation du rappeur controversé Orelsan des Francofolies de la Rochelle et le retrait de son disque des bibliothèques publiques parisiennes, nouvel épisode d'une polémique née fin mars.

Mardi, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) a demandé à l'adjoint PS au maire de Paris chargé de la Culture, Christophe Girard, de revenir sur sa décision de retirer des bibliothèques municipales l'album d'Orelsan, qu'elle qualifie de "censure".

"Ce CD (...) n'enfreint aucune loi et aucun juge n'a été saisi de son contenu. Il ne peut donc être retiré: la censure des textes évoque irrésistiblement les pratiques de municipalités d'une toute autre couleur politique", écrit la LDH dans une lettre ouverte à Christophe Girard, cosignée par sept associations de professionnels de la culture.

Début juin, Christophe Girard avait justifié le retrait de l'album "Perdu d'avance" des 60 bibliothèques de la ville en raison de "textes qui insultent les homosexuels et glorifient la violence faite aux femmes". Cette décision a été contestée par le syndicat Supap-FSU et l'association des bibliothécaires de France (ABF).

Par ailleurs, le Prodiss, le syndicat des producteurs et salles de spectacles, a condamné les "pressions d'associations et de politiques" qui ont selon lui abouti à la déprogrammation d'Orelsan des Francofolies, en dénonçant une "dérive intolérable".

"Il est fondamental de s'opposer à toute censure en matière artistique. La liberté d'expression n'est pas négociable", écrit le syndicat dans un communiqué en exigeant "l'indépendance de programmation" pour les institutions culturelles.

Orelsan fait l'objet depuis fin mars d'une polémique née du clip d'une ancienne chanson, "Sale pute", qu'il ne joue plus sur scène et qui ne figure pas dans son album. Des associations ont vu dans ses textes une apologie de la violence envers les femmes et les homosexuels, ce dont il s'est défendu.

En avril, le Printemps de Bourges l'avait maintenu à son programme malgré le retrait par la région Centre d'une partie de sa subvention. Vendredi, l'entourage d'Orelsan a annoncé qu'il avait été déprogrammé des Francofolies de La Rochelle, où il aurait dû se produire le 14 juillet.

Les organisateurs ont nié avoir fait l'objet de pressions.

Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, où ont lieu les Francofolies, a affirmé vendredi au journal Sud Ouest avoir demandé des "clarifications" au festival sur la présence de l'artiste.

Selon Alexandre Godin, directeur de cabinet au Conseil régional, elle avait été alertée par une association d'élus. "Les organisateurs nous ont répondu qu'Orelsan n'était pas programmé", a-t-il dit.

Le manager du rappeur, Vincent Demarthe, a déclaré à l'AFP qu'Orelsan "souhaitait rencontrer Ségolène Royal".

"Ce qu'il dit dans son album n'est pas condamnable par la loi et n'est pas une apologie de la violence envers les femmes", a-t-il estimé.
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# Posté le mercredi 08 juillet 2009 10:54

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